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Le savoir en trompe-l’œil. Corée, 18e-20e siècle

Photo : National Museum of Korea’s public work is used according to KOGL

11 oct. – 4 janv.

Le savoir en trompe-l’œil. Corée, 18e-20e siècle

Plongez dans un univers où le savoir devient pur enchantement visuel avec l'art coréen du chaekgeori. Ces trompe-l'œil fascinants, créés pour le roi, mêlent perspectives savantes et objets du quotidien pour transformer votre perception du réel. Une immersion poétique qui sublime l'imaginaire des bibliothèques d'autrefois.

Musée Guimet (Paris 16e)

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À propos

Le musée Guimet met à l’honneur le chaekgeori, cet art coréen unique du trompe-l’œil, lors d’une exposition inédite du 2 octobre 2026 au 4 janvier 2027. Cette plongée dans les bibliothèques peintes du royaume de Joseon révèle comment le roi Jeongjo et ses artistes ont fusionné perspectives européennes et érudition asiatique pour créer des cabinets de curiosités fascinants. Entre influences jésuites et onirisme, découvrez une Corée résolument ouverte sur le monde et ses échanges culturels. L’intégralité du parcours au sein de l’établissement situé dans le 16e arrondissement est accessible aux personnes se déplaçant en fauteuil roulant.

Royale, universitaire ou muséale, la bibliothèque demeure un trésor de savoir et d’évasion. À la fin du 18e siècle en Corée, dans le royaume du Joseon, le roi Jeongjo (r. 1776-1800) trouve dans la contemplation d’une peinture de bibliothèque un moyen de demeurer symboliquement entouré de ses livres : un trompe-l’œil prolongeant l’esprit du cabinet d’étude, stimulant la vertu, la curiosité et la conversation savante. Jeongjo confie alors aux peintres de l’Académie royale la réalisation des premières peintures de bibliothèques en trompe-l’œil, installées dans son cabinet de travail ou même derrière son trône. Les ambassades coréennes à Pékin jouent alors un rôle déterminant. Les envoyés de Joseon y découvrent les cabinets de trésors chinois, ainsi que l’art jésuite de la perspective, diffusé à la cour des Qing et dans les églises de la capitale impériale par les artistes européens. L’alliance entre l’accumulation érudite chinoise et le savoir-faire européen en matière de trompe-l’œil nourrit l’inventivité des peintres coréens, qui développent un usage singulier de la perspective, le chaekgeori.

Rapidement, ce nouvel art du livre et des objets se diffuse dans les palais, les demeures aristocratiques et les foyers provinciaux. Livres, porcelaines, bronzes archaïsants, instruments d’écriture ou objets venus de Chine, du Japon ou d’Occident s’y accumulent dans un jeu d’illusions optiques savamment maîtrisé. Loin des vanités européennes, ces bibliothèques peintes ne renvoient pas à des collections réelles, mais à un cabinet des désirs, à ce que l’on aspire à posséder un jour. À partir de la fin du 18e siècle, le livre perd sa valeur savante pour devenir décoratif ; les perspectives se brisent, les formes se distordent, les animaux fantastiques apparaissent. La bibliothèque s’éloigne du réel pour rejoindre un univers à mi-chemin entre surréalisme, fauvisme et onirisme.

Pour la première fois au musée Guimet, une exposition redonne à ce mouvement pictural sa place centrale, loin de l’image folklorique ou purement décorative qui lui est trop souvent associée. Elle tisse des liens entre l’art jésuite et l’art coréen, montre l’impact des ambassades coréennes à la cour de Chine, notamment à travers un exceptionnel rouleau peint de plus de cinq mètres du 18e siècle présenté pour la première fois, et révèle la diffusion des codes de la perspective grâce à des œuvres provenant du Louvre et du Asian Civilisation Museum de Singapour. Elle démontre également que la Corée du Joseon était tout l’inverse d’un « royaume ermite » mais un pays ouvert, curieux, en dialogue constant avec le monde.

Notre présentation de l’événement

Plongez dans l’univers fascinant des bibliothèques peintes coréennes avec l’exposition Le savoir en trompe-l’œil, visible au musée Guimet du 2 octobre 2026 au 4 janvier 2027. À travers une sélection exceptionnelle d’œuvres, dont un rouleau peint de plus de cinq mètres exposé pour la première fois, le parcours explore la naissance du chaekgeori sous le roi Jeongjo. Vous découvrirez comment les ambassades coréennes à Pékin ont permis d’importer les techniques de perspective européenne enseignées par les jésuites, transformant ainsi la représentation du savoir en un jeu d’illusions optiques sophistiqué.

L’exposition démontre la vivacité intellectuelle de la Corée du Joseon, loin du cliché d’un royaume isolé. En observant les évolutions de ces peintures, du réalisme érudit vers des formes oniriques et surréalistes, vous saisirez les dynamiques d’échanges artistiques avec la Chine, le Japon et l’Occident. Des prêts prestigieux, notamment du Louvre et du Asian Civilisation Museum de Singapour, enrichissent cette démonstration historique et esthétique.

Le musée vous accueille du lundi au dimanche, de 10:00 à 18:00 (fermeture le mardi). Le billet d’entrée varie de 0 à 13 euros. L’ensemble des espaces d’exposition est totalement accessible en fauteuil roulant pour garantir le confort de toutes et tous.

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