
Photo : Marge design
La Belle et la Bête
Oubliez le conte de fées classique que vous pensiez connaître par cœur. Dans cette relecture saisissante, Belle s'affranchit des anciens codes pour devenir l'unique narratrice de son destin, sublimée par une bande-son minimale hypnotique. Un rendez-vous exigeant et viscéral où le théâtre et le cinéma ne font qu'un pour interroger nos rapports de force.
Théâtre du Châtelet (Paris 1er)
À propos
Le Théâtre du Châtelet accueille une relecture audacieuse de La Belle et la Bête, mise en scène par Anne-Cécile Vandalem. Cette création transforme le conte classique en une expérience scénique immersive, où l'héroïne s'affranchit du regard extérieur pour devenir pleinement actrice de son destin. En s'appuyant sur l'opéra de Philip Glass, ce spectacle interroge les rapports de force entre les genres tout en rendant hommage à l'œuvre cinématographique de Jean Cocteau. Destiné à un public averti dès 12 ans, cet événement propose une réflexion contemporaine sur la fiction et la domination, accessible aux personnes aveugles ou malvoyantes pour une immersion totale dans cette scénographie singulière.
À travers ce déplacement du point de vue,
nous cherchons à libérer Belle du regard qui
a été porté sur elle et à lui redonner son pouvoir :
celui d’une femme qui, après avoir été objectivée, devient sujet.
Né en 1937, Philip Glass est, avec Steve Reich et Terry Riley, l’un des précurseurs de la musique minimaliste, un courant artistique né aux États-Unis au début des années soixante. Refusant toute forme d’assignation esthétique ou stylistique, il explore de nombreux genres et déplore la distinction entre la musique dite « savante » et la musique populaire. Pour autant – et malgré toutes les conventions qui le déterminent –, Philip Glass n’a pas renoncé à écrire de l’opéra. C’est ainsi qu’il créé Einstein on the Beach au Festival d’Avignon, en 1976. Fruit d’une étroite collaboration avec le metteur en scène Bob Wilson, cet opéra rompt avec la tradition, en bousculant les normes de la narration et de la composition.
Travaillant selon un cycle de trois œuvres, le compositeur choisit les scénarios de Jean Cocteau comme livrets, quand il entame sa nouvelle trilogie. Et le 4 juin 1994, au théâtre de la Maestranza de Séville, le public assiste à une adaptation de La Belle et la Bête sous une forme inédite : un opéra-cinéma. De la partition originale de Georges Auric, il ne reste plus rien. En effet, Philip Glass a décidé de synchroniser sa propre composition avec le film réalisé par Jean Cocteau, afin que le texte chanté soit aligné avec les lèvres des acteurs, au cours de la projection !
En s’appropriant à son tour ce conte, devenu un film, puis un opéra, la metteuse en scène Anne-Cécile Vandalem n’aura pas manqué de requestionner l’œuvre en général et le personnage de Belle en particulier. Dorénavant, c’est du point de vue de l’héroïne qu’est racontée cette histoire. Grâce à la caméra, sur scène, Anne-Cécile Vandalem met au point un dispositif offrant un regard critique sur l’histoire du cinéma et de la littérature. Sans jamais rien oblitérer de la fiction et du pouvoir de fascination qu’elle exerce sur le lecteur et le spectateur, la mise en scène a ici pour ambition d’augmenter et d’éclairer l’œil sur les rapports de domination entre masculin et féminin.
Notre présentation de l’événement
Du 03 au 11 février 2027, le Théâtre du Châtelet présente La Belle et la Bête, une proposition artistique signée Anne-Cécile Vandalem. Cette mise en scène déplace le point de vue traditionnel pour placer Belle au centre du récit, transformant l'objet de désir en un sujet souverain. Par ce dispositif, la metteuse en scène propose une analyse critique des rapports de genre au sein de la littérature et du cinéma.
La partition musicale repose sur l'œuvre de Philip Glass. Reconnu pour son minimalisme, le compositeur a conçu cet opéra en synchronisant sa création avec le film de Jean Cocteau, permettant aux voix des interprètes de se caler sur les mouvements de lèvres des acteurs à l'écran. L'ensemble crée un opéra-cinéma unique où la technologie scénique sert la narration.
Les billets sont proposés dans une gamme tarifaire allant de 10 à 109 €. Le spectacle est ouvert aux spectateur·rices à partir de 12 ans. Afin de garantir l'accessibilité à tous·tes, des dispositifs spécifiques sont prévus pour les personnes aveugles ou malvoyantes. Rendez-vous au 1 place du Châtelet dans le 1er arrondissement pour découvrir cette exploration moderne des mythes classiques.



